Fantasmagorie

(Récréat. domestiq.). Ce petit spectacle, à l’usage des enfants, est du même genre que la lanterne magique (Voy. cet article). Seulement, dans l’exhibition de la lanterne magique, les spectateurs sont placés du même côté que la lanterne, c.-à-d. devant la toile qui reçoit les images, tandis que pour la fantasmagorie, la toile est tendue entre les spectateurs et l’instrument. L’obscurité la plus profonde doit régner dans la salle. En outre, les images des figures qu’on fait paraître sur la toile, au lieu d’être comiques comme dans la lanterne magique, sont plus ou moins effrayantes ; c’est un fantôme ou un diable à l’aspect menaçant, un lion aux yeux enflammés, un serpent qui darde vivement sa langue. Ces figures, qui n’apparaissent d’abord dans le lointain que comme un point lumineux, grandissent peu à peu, semblent s’approcher et puis se précipiter vers les spectateurs. Voici comment l’opérateur procède pour produire ces illusions. Il place sur une table une lanterne magique ordinaire montée sur des roulettes garnies de drap, de manière qu’elle puisse s’éloigner ou se rapprocher sans bruit de la toile sur laquelle vient se peindre l’image qui s’offre aux yeux des spectateurs. L’un des verres lenticulaires de cette lanterne a un mouvement indépendant d’elle : il s’éloigne quand elle se rapproche de la toile, il se rapproche quand elle s’en éloigne, de façon que l’image reste constamment visible et distincte. L’opérateur commence donc par disposer son appareil à une très petite distance de la toile, en éloignant le plus possible le verre lenticulaire qui en est indépendant. L’image de la figure qu’on veut représenter paraît encore comme un point ; l’opérateur éloigne ensuite progressivement la lanterne, en rapprochant le verre lenticulaire ; alors la figure prend des proportions de plus en plus grandes, et semble s’avancer au point de venir se jeter sur les spectateurs.

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