Cueillette

(Horticult.). Chaque genre de fruits exige sous ce rapport certaines précautions particulières, soit pour conserver au fruit lui-même toute sa fraîcheur, soit pour éviter d’endommager les boutons, espoir de la récolte de l’année suivante. Les Framboises se cueillent le plus souvent sans les détacher de leur support, et en leur conservant une portion de la queue. Les jardiniers qui les vendent au poids agissent ainsi ; celui qui cueille les framboises de son jardin pour sa propre consommation, peut immédiatement enlever le fruit en laissant sur l’arbuste le support blanc intérieur avec la queue ; il évite par ce moyen la nécessité de remanier les framboises une seconde fois ; elles se trouvent du même coup cueillies et épluchées. — Les Fraises des espèces qui ne remontent pas ne peuvent être cueillies qu’avec leur support, auquel elles adhèrent assez fortement. Les espèces remontantes peuvent être cueillies sans leur support ; mais cette coutume est vicieuse en ce que, si les supports ne sont pas enlevés avec les fruits mûrs les premiers, leur présence sur la tige s’oppose au développement des fleurs et des autres fruits à demi formés existant sur les mêmes tiges ; il vaut donc bien mieux les cueillir avec leur support, sauf à les éplucher après les avoir cueillies. — Les Groseilles à grappes demandent à être cueillies avec précaution ; la queue est toujours entourée de boutons pointus, déjà bien formés à l’époque de la maturité des groseilles. Lorsqu’on les détache brusquement et sans attention, on fait tomber ces boutons, et l’année suivante les groseilliers ne fleurissent presque pas. Le défaut de précaution dans la cueillette des groseilles est une des causes pour lesquelles ce fruit est rarement abondant deux ans de suite. — Les queues des Cerises sont de même entourées d’une partie des boutons qui doivent fleurir l’année suivante ; mais, d’une part, ces queues adhèrent peu à la branche ; de l’autre, les boutons à fruit sont très adhérents, de sorte que le dommage causé par une cueillette inattentive est peu considérable. — Les Pêches ne naissent jamais que sur des pousses de l’année précédente qui ne fleurissent qu’une fois, et qu’il faut remplacer chaque année ; il n’y a donc pas lieu, en cueillant les pêches, de se préoccuper de ménager la branche qui les porte. Il faut observer seulement s’il existe sur la branche d’autres pêches encore éloignées de leur complète maturité, et prendre garde de ne pas provoquer leur chute prématurée. On y réussit aisément en prenant délicatement la pêche entre les doigts et la faisant tourner sur elle-même pour la détacher de son support, au lieu de la tirer en avant. C’est de la même manière qu’on doit cueillir les Abricots qui naissent ordinairement par paquets et ne mûrissent jamais tous à la fois. — Les Prunes, le plus souvent, ne se cueillent pas ; la forme des pruniers en plein vent et la fragilité de leurs branches entrecroisées, ne permettraient que difficilement d’y appliquer partout les échelles pour enlever les fruits à la main. On se borne donc à secouer le prunier pour faire tomber les prunes, après avoir étendu par terre au pied de l’arbre une couche épaisse de paille propre, ou bien une toile sur laquelle les fruits sont reçus. — Les Poires des arbres en plein vent ou en pyramide, spécialement celles du haut des arbres, peuvent être écrasées en tombant lorsqu’elles sont mûres ; on doit les cueillir, soit en plaçant près de l’arbre une échelle double, soit au moyen d’un cueilloir ou empoigne-fruit, sorte de godet en fil de fer tressé, assez semblable à une muselière de chien, et fixé au bout d’une longue perche. Le même procédé doit être employé pour la cueillette des Pommes placées sur des branches difficiles à atteindre de toute autre manière. En général, les fruits à pépins doivent être cueillis, non pas tous à la fois, selon l’usage habituellement suivi, mais successivement, à mesure qu’ils arrivent au point de maturité convenable.

Les Melons doivent être cueillis avec la portion de la tige qui les porte, surtout lorsqu’on les cueille un peu avant leur maturité. Les Cornichons se cueillent très petits, en les détachant avec l’ongle du pouce, à la naissance de la queue. — Lorsqu’on cueille des Haricots verts, des Pois, des Fèves, sur des plantes qui portent encore des fleurs ou des siliques à demi formés, on doit éviter avec le plus grand soin de tirailler trop fortement la tige qui pourrait être rompue ou même déracinée.

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