Cactées

(Horticulture). Toutes les plantes de cette famille appartiennent à la serre tempérée ou à la serre chaude ; toutes, sauf le degré de température plus ou moins élevé qui leur est nécessaire, veulent être soumises au même traitement. Elles demandent des pots peu spacieux, remplis de terre de bruyère ordinaire, et garnis au fond de cailloux ou de gros gravier pour faciliter l’écoulement de l’eau ; des arrosements modérés lorsqu’elles végètent et qu’elles se disposent à fleurir, et une sécheresse absolue pendant le sommeil de leur végétation. Les Cactées se multiplient par des fragments de leur tige qui fait fonction de feuilles ; on ne bouture ces fragments qu’après que la plaie provenant de la coupure est bien cicatrisée : pour cela il suffit de laisser ces boutures quelques jours à l’air avant de les planter : une fois en terre elles n’exigent aucun soin. On greffe très aisément divers genres de Cactées les uns sur les autres : il suffit d’amincir la partie inférieure de la greffe et de l’introduire dans un trou creusé dans le sujet de manière qu’il soit exactement rempli par la greffe : on fixe ensuite pour éviter un déplacement, et la reprise ne tarde pas à avoir lieu.

Parmi les Cactus, désignés sous le nom de Cierges, quelques-uns sont extrêmement vivaces et d’une culture très facile ; tels sont : le Cierge fouet, à tige flexible, portant une multitude de fleurs du rose le plus vif, et qui sert à orner les vases suspendus dans les serres ou dans les appartements ; le Cierge serpentin, à très grandes fleurs à odeur de rose, et le Cierge magnifique qui, bien dirigé dans une serre tempérée, peut prendre un accroissement énorme et donner des centaines de fleurs à la fois, lorsqu’on le palisse sur le treillage qui garnit le mur du fond d’une serre à un seul versant ; il en existe qui, dans cette situation couvrent d’une seule plante plus de 40 mèt. carrés de surface. L’un des Cierges les plus remarquables est le Cierge à grandes fleurs, à odeur de vanille ; ses fleurs ne s’ouvrent que le soir et sont flétries avant le lever du soleil. En général, les fleurs de tous les Cierges durent peu : mais elles sont abondantes et se succèdent pendant un temps assez prolongé. On provoque la formation des boutons à fleurs chez tous les Cierges ou Cactus, en retranchant au printemps leur extrémité supérieure. Pour peu qu’on les arrose en hiver, ils poussent, mais ne fleurissent pas. — Les Épiphylles sont dans le même cas ; leurs feuilles donnent une multitude de fleurs sur les échancrures de leurs bords, lorsqu’on s’est abstenu de les arroser hors de saison. Les plus belles espèces sont : l’Épiphylle à fleurs roses, presque aussi rustique que le Cierge fouet, et l’Épiphylle d’Ackerman, à fleurs presque égales en beauté à celles du Cierge magnifique. — Les Mammillaires sont cultivées pour la bizarrerie de leurs formes, plus que pour leurs fleurs. Les plus recherchées sont : la Mammillaire à épines cuisantes, à petites fleurs d’un rouge carmin, et la Mammillaire tête de Méduse, à fleurs d’un blanc sale. — Il y a encore les Opuntia, dont l’espèce la plus répandue est connue sous les noms vulgaires de Raquette et de Nopal. Cette plante prend d’assez grandes dimensions ; ses fleurs en grappe unilatérale, d’un pourpre foncé, s’ouvrent au mois d’août. C’est sur une variété de Nopal qu’on multiplie pour la teinture en rouge l’insecte nommé Cochenille. Les amateurs cultivent aussi l’Opuntia doré, de Crimée, et l’Opuntia à fleurs veinées, du royaume de Naples. Ces plantes sont de serre tempérée ou chaude, sous le climat de Paris. — Enfin, deux genres de Cactées fort laides, hérissées de longues épines, ne fleurissent que rarement ; ce sont les Mélocactes et les Échinocactes, masses globuleuses, qui, comme les Mammillaires, trouvent aussi des amateurs pour en faire collection. Les Cactées de ces trois genres sont toujours chères, parce qu’on ne peut les multiplier qu’en bouturant les bourgeons qu’elles donnent toujours en nombre très limité, quand elles en donnent, ce qui nécessairement les rend assez rares.

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